"Venant d’un petit coin de moi même que j’affectionne particulièrement, juste à la lisière de l’âme, lieu secret de mes enchantements passagers" Louis Calaferté
La démarche débute sur la publication de l'ouvrage « Les Chiens de garde » en 1932 par bien sûr Nizan, traitant de la collusion entre les politiques, les journalistes et le monde de l’argent.
La publication des Nouveaux Chiens de garde, le livre de Serge Halimi, avait jeté un sacré pavé dans le marécage, Gilles Balbastre et Yannick Kergoat en ont tiré un documentaire démontrant les collusions actuelles entre politiciens et journalistes vedettes.
Tout cela nous se savions déjà mais les juxtapositions de séquences vidéo sont parfaitement édifiantes.
Il est également question des experts que les émissions ou journaux télévisées font intervenir pour assener leurs vérités, souvent les mêmes sur toutes les chaines et cela depuis de nombreuses années. Bien sûr ces experts nous sont présentés comme des chercheurs ou des universitaires alors qu’ils sont tous rémunérés par ailleurs par une banque ou des industriels
Que dire également de ce club élististe "Le siècle"se réunissant pour défendre la pensée unique tous les derniers mercredis du mois à l’hôtel Crillon à Paris. On y retrouve tous les journalistes vedettes, les fameux experts ainsi que les politiques de gauche comme de droite, mais aussi l’incontournable Bernard Henri Lévy et le puissant Medef. En somme tout le gratin politico-médiatico-industrielmais que peuvent-ils donc se raconter pour avoir besoin de se rencontrer aussi régulièrement ?
Souvenons-nous de cette opération journalistique de cette presse écrite proche de Sarkozy (Bouygues, Lagardère, Bernard Arnault, Bolloré…) qui durant des mois ont orchestré la mise au premier plan médiatique Ségolène Royale que Sarko s’était choisie comme adversaire alors qu’elle n’avait aucune raison d’être sur l’avant de la scène à Gauche.
En sortant de voir ce film, que je vous recommande chaudement, je n’ai pas manqué de faire le rapprochement avec les travaux de Noam Chomsky, éminent linguiste et philosophe américain, qui expliquait que dans les démocraties actuelles, nul besoin de censuré les journalistes comme dans les dictatures, puisque ces collusions permanentes et une forte autocensure s’avérait bien suffisante.
Egalement ces travaux de ce même Chomsky avec Normand Baillargeon, universitaire Québecquois, sur les techniques de propagande et de langue de bois. Dans le film, on voit intervenir ce brillant économiste Frédéric Lordon qui fait remarquer que les experts économistes invités dans les médias se gargarisent des mêmes mots, une vingtaine tout au plus (Libéralisme, mondialisation, flexibilité, productivité, délocalisation, stocks options…)
Au final la main mise de politique et des forces de l’argent maitrisent bien mieux que lorsque dans les années 60 le ministre de l’information venait inaugurer un nouveau journal télévisé et décrivant ses directives devant un Léon zitrone parfaitement servile.
Si vous décidé de voir ce film vous devrez le chercher rapidement dans les rares salles qui le programme cette semaine.