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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 06:57

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Pour vivre en Bretagne et profiter de tous ces bienfaits, il semble nécessaire d’accepter la cohabitation avec tous ces êtres merveilleux
Il est toutefois nécessaire de s’entourer de toutes les précautions  possibles pour éviter ces lutins qui sont le plus souvent malins et mutins mais parfois dangereux.

Par exemple, planter une lame de couteau dans le sol, de façon à former un angle aigu avec le manche, cela incite le lutin à essayer de passer sous l'angle ainsi formé, et le détourne de toutes mauvaises actions.

Pour éloigner des Kourils , la clarté d'une lanterne allumée peut servir à éblouir leurs yeux fragiles.

La carsprenn est la petite fourche en bois que les paysans utilisent pour nettoyer le soc de leur charrue. C'est dit-on, le plus terrible épouvantail pour faire fuir les Korrigans malintentionnés.

Se prémunir d’une petite fiole d'eau bénite assure également une bonne protection.

Une branche de verveine protégera du tourment des Follets.

Une assiette remplie de grains placée en déséquilibre : si les poulpicans la renversent, ils se sentiront obligés de ramasser les grains jusqu'au dernier. De plus, ils ne reviennent plus jamais dans un lieu ou survient pareille mésaventure ....


L'attrait qu’exercent les chevaux sur les Korrigans a maintes fois été observé. Le Maestre Yan ou Mait'Jean est un grand palefrenier. Il panse, il étrille et vide les écuries. On raconte  que quand les bêtes hennissent au milieu de la nuit c'est un lutin qui les nourrit. On constate au matin de nombreuses traces de son passage : la crinière et la queue de l'animal sont joliment tressées et des gouttes de cire, coulées des bougies marquent l'encolure du cheval dont il s'est occupé.


Si vous devez vous porter acquéreur d’une vieille maison isolée, vérifiez s’il existe, dans ces masures en ruine, envahies de lierre et de ronces, des petits coins d’écuries balayés, qui semblent attendre de nouveaux arrivants ...., En effet les Teuz ne peuvant se résoudre à quitter leur demeure malgré l'abandon de la ferme par ses exploitants, attendent avec impatience les nouveaux venus.

S’ils se plaisent dans la maison, ne soyez pas étonnés.
Un volet coulissant du lit clos peut glisser lentement sur le rail. Les crépitements du feu mourant se mêlent aux respirations profondes de la maisonnée endormie. Alors silencieusement, apparaissent les bouffons Noz, les bouffons de la nuit.

Ils émergent des coins sombres, ou encore du grenier, sortant des trous du mur, glissant du vaisselier, visiteurs besogneux, familiers bienveillants, s'ils se plaisent en un lieu, ils y passent leur temps.

Ils balayent le sol, astiquent le mobilier, récurent les casseroles et bercent les nouveau-nés, quand l'ouvrage est fini, ils se regroupent dans l’âtre, et se reposent enfin, assis sur la pierre plate, qu'on a posé pour eux, sur le devant du feu ...

Au fil des temps, les mineurs ont su se ménager les bonnes grâces du petit peuple d'en dessous. On retrouve régulièrement, dans tous les récits concernant les principales exploitations minières de Bretagne la présence de lutins bienveillants, les petits mineurs.
Il est alors vivement recommandé de pratiquer la meilleure cohabitation qu’il soit.
A Huelgoat, Poullaouen ou Pont-Péan, on se réjouit d'entendre résonner leurs pics dans les galeries profondes, car là où ils cognent les veines sont riches et le filon est bon.

De petites tailles, comme il se doit, plutôt joviaux et débonnaires, ils sont habillés en mineurs, armés de pics d'argent avec un manche fait d'une corne de cerf. Les bougies qui les éclairent dégagent une lueur très vive. Bien qu'à l’occasion, ils puissent être espiègles, soufflant les lampes ou cachant les outils, les hommes leur offrent volontiers des présents. On les dit amateurs de crêpes et de cidre bouché.

Parmi tous les présents qui leur sont destinés, celui qu'ils préfèrent demeurent la grillée. Ar Grazen, c'est la dernière crêpe, que la fermière a faite, avec le reste de la pâte et le lait de la jatte.

 

Voilà, vous  savez l’essentiel pour reconnaitre et cohabiter avec les Korrigans et tous ces êtres merveilleux qui peuplent cette belle terre.

Au moins en nous rendant visite, vous aurez bien compris qu’un papier gras laissé sur la plage, un reste de frites grasses jeté dans les buisons, une canette vide emportée par une vague… peuvent vous réserver quelques fâcheuses rencontres en représailles.

Pour le reste, la magie de landes couvertes de Bruyères et d’ajoncs, les vieilles chapelles isolées et toutes ces belles criques sauvages… devraient vous confirmer la magie des lieux. Alors soyez les bienvenus !

 

NB : Comme vous avez pu le constater, aucun Korrigan ne figure sur les photos présentées dans ces trois articles… je continue ma quête photographique dans tous les lieux propices, je garde bon espoir et je ne manquerai pas de vous en proposer quelques images très bientôt.   

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 06:52

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Les êtres magiques existent aussi au féminin et leurs pouvoirs n’ont rien à envier à ceux des Korrigans

Les serpentes (vouivre, mélusine) sont des créatures ailées qui volent la nuit en laissant derrière elles des traces lumineuses. Elles sont très difficiles à apercevoir et très dangereuses pour les humains. On prétend qu'elles sont les gardiennes de trésors souterrains. Pour empêcher l'éclosion de leurs œufs dans les tas de fumier, on y met le premier mai une branche d'épine encore fleurie.

Les morgans ou mary-morgans : sirènes de Bretagne qui ont la particularité de ne pas répondre lorsqu'on leur parle. Lorsqu'on les trouve échouées sur une plage, il faut les remettre à l'eau ; en récompense elles exauceront vos souhaits. Il faut éviter de toucher leurs mains ou leurs cheveux, sinon vous leur appartenez à jamais, elles vous entraînent dans un palais au fond de l’océan.

Les korets ou korred : fées aux cheveux d'or habitant entre le val des fées et le bourg de tréhorenteuc. Là se trouve une petite vallée toujours verte ; Prenez garde aux fées car si vous tombez dans leurs rondes vous n'en sortirez que lorsqu'un autre humain prendra votre place.

Les fées, héritières des druidesses, sont divisées en plusieurs classes : les driades, qui vivent dans les chênes, les fondatrices, qui protègent les institutions, les nymphes qui prennent soin des eaux, et les sylvatiques qui se trouvent dans les forêts ou elles épousent les poulpiquets. Les fées sont immortelles et aiment danser la nuit au clair de la lune. Le sol conserve les traces de leurs bacchanales en forme de cercles magiques.

D’autres êtres aussi ont des pouvoirs surnaturels

Les lavandières : Ce sont des fées nocturnes parfois appelées chanteuses de nuit. Elles lavent des linceuls dans des endroits isolés, souvent dans des eaux stagnantes. Du sang s'échappe de leur linge, et elles sont gigantesques et squelettiques. Lorsqu'un humain vient les voir, il signe son arrêt de mort : il mourra dans trois jours et sera recouvert du linceul qu'elles étaient en train de tordre. La parade…si elles vous demandent de tordre leur linge, une seule façon, arranger vous pour tourner le linceul dans le même sens qu'elles, sous peine de mourir aussitôt.

 L'ankou : il se déplace la nuit sur un char tiré par un cheval , par les chemins creux . C'est le premier mort de l'année : il emporte vers la mort ceux dont l'heure est arrivée. Personne n'a jamais pu le voir sans périr immédiatement.

Les démons : la Bretagne possède des démons ; que ce soient les courils ou les elfes noirs, et selon certaines légendes, les âmes de morts qui reviennent sous forme de démons pour tourmenter les criminels et les usurpateurs. 

Les hoper noz : esprits hurleurs qui crient lugubrement et inlassablement ; la nuit, mieux vaut ne pas répondre car vous pourriez être entraîné vers les enfers.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 08:17

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Le terme korrigan est vaste ; il regroupe sous sa coupe une grande diversité de tribus qui détiennent chacune leurs caractéristiques propres. Ils se rejoignent dans l'idée où ils sont tous natifs de Bretagne, ne sont pas immortels mais possèdent des pouvoirs prodigieux et une force hors du commun. Ils peuvent faire preuve d'une grande gentillesse, mais aussi se montrer belliqueux et vengeurs ; ils châtient sévèrement l’avidité, la cruauté et le mépris dont ils sont parfois l’objet. Leurs demeures trouvent places au sein des grottes , des dolmens ou des lieux difficiles d'accès à l'homme .On dit qu'auparavant ils aimaient prendre soin des maisons et des montures des humains ; mais frappés par leur ingratitude , ils gardèrent une rancune tenace qui les poussent à commettre des farces parfois cruelles .

Les kornikaned : Ils vivent dans les bois et soufflent dans de grandes cornes musicales. Certains leur prêtent même des pouvoirs d'influence sur les conditions atmosphériques .Ils pourraient faire varier la foudre, le vent et la pluie. De petites tailles, ils sont amis des animaux des forêts.

Les poulpiquets : petits génies malins, qui hantent les marécages ; ils prennent un malin plaisir à effrayer les promeneurs, chasseurs ou cueilleurs de champignons ; ils sont en général plus inquiétants que réellement dangereux, mais les humains les craignent tout particulièrement.

Les korils : vivent dans le Morbihan, au lieu-dit la butte du chêne. Les nuits de pleine lune , on peut les voir danser sur la lande ; si vous vous égarez , vous serez assaillis par ces gnomes qui feront une ronde autour de vous en chantant sans cesse le même refrain : di lu , di meurz , di merc'her , di riaou , di gwener , di sadorn ( lundi , mardi , mercredi , jeudi , vendredi , samedi ) . Complétez alors le refrain par cette phrase : echu ar sizun gant ar sul (et la semaine s'achève par le dimanche). Ceci mettra fin à la ronde et ils vous couvriront d'or avant de disparaitre . Mais, car ceux qui ne sauront répondre jamais ne sortiront de la ronde . On les surnomme également "bugale an noz" , c'est à dire les enfants de la nuit ; lorsque la lune se lève , on peut les trouver au pied des croix des carrefours , effectuant des actes impies. Sur les falaises, les Korandons , à l’humeur maussade, se livrent aux mêmes agissements que les Korils , leurs proches cousins , des landes.

Les teuzs en basse Bretagne ou  les folliards en Morbihan sont très vieux, mais arrivent à prendre l'apparence d'un enfant de neuf mois ; grâce à ce stratagème ils capturent les bébés et prennent leur place dans les berceaux. La seule chance de les démasquer est de jeter neuf pommes dans l'eau bouillante. Si vous ne faites rien, vous les engraisserez jusqu'à ce qu’ils soient repus et décident de partir enfin !

 Les kérions : petits gnomes facétieux, très âgés et très riches grâce à leur travail d’alchimiste.  Les kérions sont très secrets et évitent tout contact avec les humains

Les tens sont les korrigans des marais.

Les courils sont de petits démons, danseurs et vicieux ; la nuit, mieux vaut les éviter, car ils vous feraient danser jusqu'à l’épuisement.

Les kerrighed : sont aussi des esprits diaboliques que l'on rencontre dans le Finistère 

Les sponthails sont des apparitions nocturnes qui tourmentent les humains ; ils sont attachés à un lieu, souvent une fontaine ou un pont. Ils peuvent prendre diverses apparences ; généralement, ils se contentent d'effrayer ou de jouer des tours mais ils ne tuent que très rarement …

Tan noz ou bolbiguéandets: esprits des récifs des côtes bretonnes, habitant les falaises. A l'instar des humains naufrageurs, les feux de nuit à l'aide de brasiers allumés sur les falaises ou de lanternes, attiraient les navires perdus dans la tourmente. Les bateaux venaient se fracasser sur les récifs meurtriers, ils le pillaient et égorgeaient les survivants. Certains lutins des côtes, désapprouvant leur comportement, leur firent la guerre et finirent par les exterminer. La mer et les rivages sont peuplés par de nombreuses tribus de Korrigans. "Il y en a dans presque tous les trous" affirment les vieux de la côte. Longtemps dans le Morbihan, on a attribué aux Bolbiguéandets, les plaintes entendues dans le tumulte du ressac. Il est vrai que ces derniers avaient la sinistre réputation de forcer les passants à embarquer dans un bateau noir empli de fantômes qui, lorsqu'il était chargé, levait l'ancre vers des îles inconnues. Ces bateaux chargés d'âmes maudites ne reparaissent plus au rivage, et que les pêcheurs sont condamnés à errer avec elles à travers les océans jusqu'au Jugement.

Les viltansons : ce sont des korrigans cyniques et exhibitionnistes qui guettent les jeunes filles à la tombée de la nuit. Ils ne sont pas dangereux, mais obscènes et lubriques ; si vous voulez les faire fuir, arrachez un bouquet de genêts de la lande et fouettez les vivement.

Les Diawlo Bihan Du, les petits démons noirs,
Les apparitions de ces esprits malfaisants sont souvent liées au fait des tempêtes qu'ils se plaisent à exciter afin de provoquer des naufrages. Des marins pêcheurs en auraient rencontré jusqu'en pleine mer.  Les rivages et les grottes maritimes deviennent, à la nuit tombée, le repère d'étranges et archaïques personnages. Cueilleurs chasseurs revêtus de goémon, ils glanent ça et là fortunes de mer et bigorneaux, ânonnant de sinistres invocations propres à déclencher la furie des éléments.

Les korrigans ont accumulé au fil des millénaires de colossales richesses, faux monnayeurs ou naufrageurs, ils alimentent par le fruit de leur labeur, d’inestimables magots  amoncelés. Pierres précieuses, bijoux, monnaies d'argent ou d'or, qu’ils aiment exhiber devant les hommes pour éprouver leur cupidité.


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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 07:23

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Le « bag –Noz » ou « bateau de nuit » appelé aussi «Le bateau des morts ».

Comme souvent chez les peuples marins dans le monde, les âmes des morts perdus en mer embarquent dans un vaisseau, nommé le bateau des morts.

 En Bretagne, cette  barque noire se nomme Le Bag-Noz suivant de vieilles légendes, les âmes, une fois séparées du corps, ne peuvent franchir un cours d'eau, sans l'aide d'une barque ou d'un pont, c'est pour le salaire du batelier qu’à une certaine époque, on plaçait une pièce de monnaie dans la main du défunt.
La légende du bateau des morts est l'une des premières qui aient été constatées sur le littoral breton et qui existait sans doute bien avant la conquête romaine.

 au VIe siècle Procope rapportait en ces termes :
« Les pêcheurs et les autres habitants de la Gaule qui sont en face de l'île de Bretagne sont chargés d'y passer les âmes, et pour cela exempts de tributs. Au milieu de la nuit, ils entendent frapper à leur porte. Ils se lèvent et trouvent sur le rivage des barques étrangères où ils ne voient personne, et qui pourtant semblent si chargées qu'elles paraissent sur le point de sombrer et s'élèvent d'un pouce à peine au-dessus des eaux. Une heure suffit pour ce trajet, quoique, avec leurs propres bateaux, ils puissent difficilement le faire dans l'espace d'une nuit. »
Ce navire des morts n'a pas disparu de la tradition contemporaine, et de 1830 à nos jours, il figure dans plusieurs récits, recueillis en divers points de la Bretagne.

Selon les conteurs traditionnels, les  apparitions du Bag Noz se déroulent ainsi : «Les pêcheurs de mauvaise vie, et qui se soucient peu du salut de leur âme, sont réveillés la nuit par trois coups que frappe à leur porte une main invisible. Alors ils se lèvent, poussés par une force surnaturelle. Ils se rendent au rivage, où ils trouvent de longs bateaux noirs qui semblent vides, et qui pourtant s'enfoncent dans la mer jusqu'au niveau de la vague. Dès qu'ils sont entrés, une grande voile blanche se hisse seule au haut du mât et la barque quitte le port, comme emportée par un courant rapide. Ces bateaux chargés d'âmes maudites ne reparaissent plus au rivage, et que le pêcheur est condamné à errer avec elles à travers les océans jusqu'au Jugement. »
La croyance au navire des morts se retrouve aussi, sous des formes variées, d'après C. d'Amazeuil, ce bateau doit, jusqu'à la fin des siècles, aller de plage en plage, d'île en île, à la recherche des corps des marins pour les ramener au hameau qui les a vu naître.

Les Bolbiguéandets du Morbihan, qui sont des espèces de korrigans, forcent des voyageurs à entrer dans une barque noire, où se pressent des fantômes. Quand elle est chargée, elle part avec la rapidité d'une flèche pour une île inconnue. Les âmes s'envolent, la barque repart, le conducteur tombe dans un sommeil profond, et, le lendemain se retrouve endormi à terre.
C'est le Bag-Noz, le bateau de nuit, qui fait, sur mer, l'office que le Carrik Ankou, le Chariot des morts, fait sur terre. Il est commandé par le premier mort de l'année. Mais à l'île de Sein, l'homme de barre du Bag-Noz est le dernier noyé de l'année.

Une femme, dont le mari avait disparu en mer sans que son corps eût été retrouvé, l'aperçut qui tenait la barre, un jour que le Bag-Noz passait tout près d'une des pointes de l'île. Ce bateau se montre quand quelque sinistre doit se produire aux environs, il apparaît sous une forme assez indécise à la tombée de la nuit et son équipage pousse des cris à fendre l'âme. Dès que l'on veut s'en approcher cependant, la vision disparaît.

Les soirs d'été, quand le vent se tait et que la mer est calme, on entend gémir les rames et l'on voit des ombres blanches voltiger autour des bateaux noirs. Les légendes bretonnes connaissent une sorte de navire-enfer navigue sans repos et est monté par un équipage de damnés, composé de tous les « faillis » matelots, des coquins morts sous la garcette pour vol à bord ou des lâches qui se sont cachés pendant les combats.
Presque chaque année, le jour des Morts, on le voit apparaître. On le reconnaît, ce sont ses voiles, ses cordages, sa mâture.
Alors le gardien du phare de crier aux gens du port : « Accourez ! Veuves, voici vos maris; Orphelins, voici vos pères ! »
Et les femmes accourent, suivies de leurs enfants, tous s'attellent à la drome et halent le bateau. Bientôt près du quai, chacun reconnaît ceux qui sont à bord : « Bonjour, mon homme; bonjour, mon père; bonjour, Pierre, Nicolas, Grégoire ! » Mais l'équipage ne répond pas.
« Venez donc, que nous vous embrassions. »
A ces mots on entend sonner la messe, et aussitôt les voiles, le bateau, l'équipage, tout disparaît; les femmes et les enfants des naufragés s'en vont à l'église en pleurant.
« Payez vos dettes » murmure autour d'eux la foule.


Au péril de la mer au crépuscule, l'équipage d'un navire voit surgir dans la pénombre, la silhouette indécise d'un vaisseau mystérieux, toutes voiles dehors et pavillon noir en berne, dont nul ne peut dire de quelle direction il vient ni vers où il se dirige.
Au moment où vous le regardez, il s'évanouit brusquement pour réapparaître aussitôt dans un autre azimut.
La rencontre de ce vaisseau-fantôme ou bag-noz (bateau de nuit) est un funeste présage : elle annonce un coup de tabac et, peut-être, votre propre naufrage.
De même, les marins ont longtemps porté une boucle d'oreille en or en prévision d'un décès éventuel loin de leur foyer. Ils pouvaient ainsi bénéficier de la bénédiction d'un prêtre, qui se remboursait en récupérant l'objet.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 07:32

Photos--publies-4-0001.JPGChapelle Saint Michel

 

Len-ar-Youdig (Le chien noir de Len-ar-Youdig) est une légende aux versions multiples reprise entre autres par Anatole Le Braz  et François Abgrall

Les âmes des personnes n'étant pas allées directement au ciel doivent passer dans le corps d'un chien noir,  condamnées à errer ainsi éternellement jusqu'à ce que le prêtre du village, accompagné du vieux recteur de saint-Rivoal, n’emprisonnent les démons dans le corps de chiens noirs et n'aillent nu-pieds dans le marais où les deux exorcistes, n’aillent jeter la bête hurlante dans le trou du Youdic, considéré dans la tradition bretonne comme la porte des enfers.  

Le Yeun Elez est une large dépression située au cœur des Monts d’Arrée, en Bretagne. Ancienne zone de marécage,  qui alimentait les légendes et fournissait une source de revenus non négligeable avec la tourbe.

Le Yeun Elez est depuis les années 1930 largement occupé par le lac artificiel de Saint Michel, créé pour alimenter une centrale électrique à énergie thermique au gaz, des Monts d’Arrée. Zone naturelle classée, mais où le tourisme est encore peu développé.

Les  croyances ont probablement trouvé corps grâce aux phénomènes naturels constatés par les Anciens: feu follet, feux de tourbe « spontanés » provoqués en fait par la foudre qui mettait le feu à la végétation recouvrant la tourbe durant plusieurs mois et que seul un épisode pluvieux important parvenait à éteindre . En 1917 par exemple, une énorme étendue du marais fut la proie des flammes, ou plus récemment en 1968.

Les ornithologues soupçonnent que les légendes concernant les hurlements sortant des « Portes de l’enfer », situées dans le Yeun Elez, s’expliqueraient par la présence à l’époque de butors. Cet oiseau de la famille des hérons à un chant particulièrement sonore de corne de brume à l’époque de la reproduction et sa présence est attesté dans le Finistère au XIXeme siècle.

Photos--publies-4-9930.JPGCe sombre marécage désolant et inquiétant alimente les nombreuses autres légendes concernent le Yeun Elez et les montagnes qui l'entourent. Le célèbre conteur Patrick Ewen qui réside non loin de là, est toujours ravi de vous raconter ce pays magique.

Selon la tradition, l'Ankou, faucheur de vies y rôde,  et la plupart des vieilles personnes de la région étaient encore récemment terrorisées lorsqu'elles entendaient le grincement caractéristique des roues de sa charrette et le bruit de chaînes annonciateur d'un décès imminent dans une maison du voisinage.

Dès la fin du XIXe siècle, Anatole Le Braz avait collecté des récits légendaires, en voici un exemple puisé dans un livre de cet auteur:

« Youdic (petite bouillie) est une de ces appellations qui rendent à merveille la chose qu’elles désignent. A mesure que nous approchons de ce point du marais, le terrain se fait de moins en moins solide sous nos pieds. Les couches du détritus végétal sont, dans cette partie, encore tout imprégnées d’eau ; nous y enfonçons parfois jusqu’à mi-jambe. Après bien des tours et des détours, nous arrivons au cœur du Yeun. ; Là s’étale une flaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre, le trou béant où l’on précipite les « conjurés ». Dès qu’on les y a lancés, il faut se coucher à plat ventre sur le sol et se boucher fortement les oreilles. Car un tremblement formidable secoue aussitôt les entrailles du Marais et d’horribles clameurs déchirent les airs. On attend, avant de se remettre en route, que le « sabbat » ait pris fin. Puis on se sauve au plus vite, en se donnant bien garde de tourner la tête pour regarder derrière soi. Malheur à qui enfreindrait cette règle. Des bras invisibles s’attacheraient à lui et l’attireraient dans les profondeurs invisibles.

De même, si en traversant le Yeun, vous voyez « bouillir » l’eau du Youdic, hâtez-vous de fuir, sans chercher ce que cela peut être. Les imprudents qui se sont laissé aller à un mouvement de curiosité en ont été cruellement punis ; on n’a plus entendu parler d’eux. Il n’est pas rare que le silence de la nuit soit troublé par des abois furieux, comme des chiens qui s’entre-déchirent. C’est la meute des conjurés qui « fait des siennes ».

 Mais alors, au-dessus de la Chapelle Saint Michel qui couronne le mont, une lumière subite resplendit, et l’on voit apparaître dans cette auréole la forme gigantesque de l’Archange exterminateur. Il abaisse son glaive vers le Yeun, et tout rentre dans l’ordre.  La profondeur du Youdig atteignait deux mètres et demi et plus d'un animal égaré ou même d'un berger y a disparu enlisé

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:13

baguette magique001[1] 

 

Noël se prépare dans toutes les maisons. Tradition venue d’on ne sait où, les guirlandes lumineuses clignotantes et les pères noël qui se pendent aux fenêtres comme des désespérés  ont envahit le quartier. La neige n’est pas au rendez vous des plus romantiques, mais le froid fige tout à l’extérieur.

Chez le Fournier, grande activité dans la cuisine. Il n’est pas prévu de recevoir des invités mais toute la famille s’affaire, dans la bonne humeur à préparer des délices sous les ordres de la maitresse de maison. Leurs voisins les Gauthier sont plutôt d’amateurs de musique. Toutefois à entendre le vacarme à tous les étages, leurs goûts sont assez hétéroclites et révèle un vrai conflit de génération.

En face, habitent les Gurvan. La maison est plus modeste mais bien entretenue. Ici c’est le père qui est au fourneau, une petite fête de famille se prépare. La petite Léa ne croit plus au père noël depuis ses sept ans le mois dernier. Peu lui importe la surprise, elle sait que ce sera son plus beau cadeau car sa maman lui confectionne avec application une magnifique tenue de fée. Après plusieurs essayages la robe sera bientôt prête.

L’accessoire principal elle ne l’a pas encore vu car la baguette magique c’est le père qui a été en charge de la confectionner. Une tige en plastique trouvée au bord de la rivière lors d’une partie de pêche. Une sorte de tuteur de la plante verte qui découpée à la bonne taille et recouvert de papier aluminium ferait  l’affaire.  L’étoile a été découpée soigneusement dans du carton assez épais, recouvert de fausses perles et de gommettes dorées. Le tout attend bien caché dans le garage jusqu’à la fin de la soirée.

Chacun a sa vision de ce moment magique. La plupart des parents a fait des achats sans compter dans une ambiance euphorique dans des magasins surpeuplés et bruyants. Dans cette petite banlieue reculée l’atmosphère était plutôt bon enfant, comme chaque année, une retraite aux flambeaux organisée par les écoles entretient une liesse très appréciée par la population.  

Un peu avant minuit, le repas de fête enfin terminé, impossible d’aller au lit en espérant trouver le sommeil. Les parents de Léa aussi impatients que leurs enfants ne pouvaient plus respecter le cérémonial du lever magique pour se précipiter au pied du sapin, l’ouverture des cadeaux pu se faire pour le plus grand plaisir de tous. Sans plus se préoccuper de son frère et de sa sœur, elle enfile nerveusement sa panoplie de fée. En tournant sur elle-même elle apprécie la belle ampleur de la robe qui trainait légèrement sur le sol. Toute la famille avait le nez des ses paquets, le bonheur se lisait sur tous les visages dans un brouhaha de rires et de cris.

Léa, elle, se fige devant son père avec le visage renfrogné pour exprimer son impatience. Avec un sourire entendu, entre les deux parents, le père se lève et se dirige vers le garage pour récupérer l’objet magique qui manquait encore au déguisement. Dès que Léa reçoit sa baquette avec une belle étoile collée à son extrémité, son visage s’illumine et ses yeux se mettent à briller d’un étrange éclat.

La nuit a été courte, l’excitation des enfants ne leur à pas permit de trouver le sommeil rapidement. Le calme étonnant  s’était pourtant établit dans la maison, chacun au fond de son lit se fabriquait des rêves. Léa accepta de quitter sa robe mais exigea de garder avec elle sa jolie baguette.

Tout le monde connaissait la petite Léa dans le quartier. La famille Gurvan était d’ailleurs très appréciée du voisinage. Noël était déjà bien loin mais personne ne s’étonna de toujours rencontrer la petite fille avec son petit bâton coloré dans les mains.

Pour aller à l’école, la petite gardait son secret au fond de son cartable. Tous les prétextes étaient bons pour aller y chercher un livre ou bien sa trousse et contrôler avec plaisir la présence de sa baguette.

Dans les allées du marché ou bien à la boulangerie accompagnant sa mère, elle brandissait sa baguette pour envoyer symboliquement un sort merveilleux à tout ce qu’elle touchait. Le chat de la voisine avant eu le premier ce privilège ensuite toutes les petites fleurs du jardin, maintenant chaque personne de sa connaissance avait droit à son vœu magique. Le plus souvent, son petit manège faisait sourire les personnes élues mais ses parents commençaient à s’inquiéter de cette obsession persistante.

Ce matin, un plombier s’est déplacé pour réparer une fuite dans la salle de bain, sans même s’en rendre compte, la petite l’a salué à sa façon pendant que l’ouvrier s’adresse à son père pour expliquer l’étendue des réparations à envisager. Le lendemain, il ne se présente pas comme prévu pour débuter les travaux. Le père s’offusque de ce contre temps sans imaginer que le pauvre homme est cloué au lit par d’affreux cauchemars.

Trempé de sueur, perclus de douleurs articulaires, il se voit vivre avec vingt deux ans de plus avec toutes les perceptions désagréables dues aux palpitations cardiaques et aux sensations d’étouffement. Durant près de vingt quatre heures, le plombier croit vivre sa mort prochaine.

Le jour suivant, il se rend sur les lieux du chantier en expliquant ses malaises fulgurants et en s’excusant de son retard. Il a retrouvé toute sa santé physique et mentale et s’affaire à son ouvrage. Par bouffées d’angoisse, il repense de temps à autre sa malheureuse expérience, n’y trouvant aucune explication rationnelle.

Quelques jours plus tard, c’est le remplaçant du facteur qui subit le même sort à vivre une journée complète des affres  de sa future vieillesse. Personne ne le connaissait dans le quartier et son absence n’a pas été remarqué lorsqu’il reprend son service le lendemain matin comme si de rien était.

Par la suite, sans que la petite ne se rende compte de son pouvoir, elle infligea involontairement les mêmes désagréments au préposé du gaz venu relever le compteur, le livreur de la nouvelle machine à laver de ses parents, et même un client de passage chez le charcutier du coin de la rue. En fait, chaque fois, il ne s’agissait que de personnes totalement étrangères au quartier et que la petite n’avait jamais rencontré auparavant. Bien sûr, aucune de ses victimes ne pouvaient imaginer qu’ils devaient ce maléfice à cette gentille petite fille et sa badine de malheur.

La petite, elle-même n’avait aucunement conscience de ses pouvoirs. Un jour pourtant un évènement anodin lui apporta une brusque lucidité sur son influence étrange.

Paul était venu passé quelques jours de vacances chez des amis, personne ne l’avait aperçu dans ce quartier auparavant, il pratique régulièrement un jogging matinal. Une première fois, il évite de justesse la baguette de la petite, en faisant un brusque écart pour ne pas la percuter. Le lendemain, intriguée, Léa veut absolument touché le garçon au passage, mais une fois encore, elle ne réussit pas à l’atteindre. Ils se rencontrèrent à plusieurs reprises dans d’autres circonstances mais  il usait toujours de tous les stratagèmes possibles pour éviter d’être touché.

Ce pouvait il qu’il connaisse le pouvoir de Léa et de sa badine en plastique argentée ?

Durant quelques jours, chacune de leurs rencontres est un jeu qu’eux seuls connaissent. Toutes les tentatives de la petite Léa restent vaines. Paul chaque fois trouve une parade élégante pour échapper aux conséquences de la baguette.

Comme ils leur arrivent quelques fois, ce matin Léa est partie avec toute sa famille pour une partie de pêche. La maman, toujours bien organisée avait élaboré un pique-nique avec de savoureuses salades et quelques clafoutis dont elle avait le secret. La douceur de ce début de printemps ensoleillé annonçait une magnifique journée. Les deux plus grands aidaient leur père à préparer les lignes à l’endroit habituel. La mère de son coté étend un grand plaide et déplie  deux grands fauteuil relax, elle savait parfaitement que son mari la rejoindrait bientôt pour partager un moment de repos. Léa se promène sur le bord de la rivière, en brandissant toujours sa baguette de fée pour faire profiter les arbres, les buissons et les fleurs de son pouvoir magique.

Venant de l’autre rive, elle entend un appel. Elle aperçoit Paul faisant de grands gestes pour attirer son attention. Ces deux là, ne s’étaient encore jamais adresser la parole.

Léa l’avait parfaitement reconnu, elle s’approche du bord pour l’écouter.

-         « Bonjour Léa, je suis heureux de te rencontrer, il faut que je te parle. Veux-tu bien m’écouter ? »

-         « Bonjour » répond simplement la petite.

-         « Remontons la rivière ensemble, nous pourrons parler en marchant vers  cet étang où les nénuphars ont envahit la surface de l’eau. »

Sans répondre Léa s’avance vers l’amont de la rivière, attentive à ce que va lui dire le garçon.

-         « Cela fait des mois que tu te promènes chaque jour avec ta baguette, parfois, il t’ait arrivé de jeter de drôle de sort.  Bien sûr, tu ne le fais jamais avec de mauvaises intentions mais cela a eu des conséquences que tu ne mesures pas. »

Léa continuait à marcher doucement, très attentive mais pas vraiment surprise des propos de Paul.

-         « Je ne sais pas très bien dans quelles conditions tu as pu obtenir ces pouvoirs mais maintenant, il te faut être raisonnable et rendre ce maléfice qui t’a été confié par mégarde. »

-         Léa pour la première fois répond « je n’ai rien volé, et je n’ai jamais voulu faire de mal, pour moi ce n’est qu’un jeu. »

-         « Je sais parfaitement tout cela mais aujourd’hui c’est le bon moment pour rendre ce pouvoir magique à sa propriétaire. Un peu plus loin, quand je te le dirai, tu jetteras ta baguette au milieu de la marre où la Groac’h pourra ainsi récupérer ce don qui n’aurait jamais du quitter le monde des fées. »

Léa suivait toujours le bord de la rivière avec une certaine inquiétude qui figeait de plus en plus son visage. Pour la rassurer Paul continua de s’adresser à elle :

-         « La Groac’h est une très vieille fée qui fait partie des Mary-Morganes bien connues dans la région. Elle reçoit encore quelques fois la visite de jeune femme désespérée de ne pouvoir enfanter. Son don est réputé depuis longtemps mais les gens d’aujourd’hui sont de moins en moins enclins à croire aux pouvoirs des fées. Tu n’as rien à craindre d’elle, la pauvre ne se souvenait même plus que ce don que tu as récupéré lui appartenait. Il y a bien longtemps qu’elle ne jette plus le moindre sort aux humains.»

-         « Ai-je réellement fait du mal  avec ma baguette de fée ? ce n’était qu’un jeu pour moi et je ne pouvais me douter des conséquences. »

-         « Ne t’inquiètes pas de cela non plus, seules les personnes inconnues recevaient ce sort, très désagréable mais qui ne durait que quelques heures. Sans le savoir tu infligeais à ces personnes de vivre une des dernières journées de leur vie  avec toutes les douleurs physiques et les angoisses précédant le trépas. »

-         « Mais pourquoi m’avez-vous évité dès notre première rencontre ? A croire que vous aviez découvert ce secret alors que moi-même je ne me doutais de rien. »

-         « Mon histoire serait un peu longue à te raconter mais saches que La Groac’h est ma marraine. Elle a veillé sur mon berceau alors que ma mère avait la fièvre. Bien plus tard ma mère m’a expliqué qu’elle avait eu recours  au servie de la vieille fée pour être mère. »  

-         « En somme vous êtes vous-même un peu sorcier. Possédez-vous d’autres dons de voyance ou bien avez-vous d’autres pouvoirs cachés ? »

-         « Non ma chère Léa,  Même si je rends visite à ma marraine aussi souvent que je peux, elle ne m’a jamais transmis le moindre pouvoir surnaturel et j’en suis bien content. »

Arrivés à un endroit où le lit de la rivière devenait très large, un étang est presque totalement recouvert de feuilles de nénuphars avec quelques fleurs d’un rose un peu passé. En plein milieu de cette étendue calme se trouvait un rocher à fleur d’eau, une sorte de plate forme recouverte de mousse.

Paul demande à Léa de lancer sa baguette le plus loin possible vers le milieu de la marre. Ce qu’elle fait immédiatement, finalement assez contente de se délivrer de cet objet plus maléfique qu’elle ne le pensait et  qui avait pris trop de place dans sa vie.

Paul appelle la fée à plusieurs reprises avant que l’eau ne se mette à frémir puis bouillonner. Une magnifique créature portant une robe magnifique avec un long voile qui lui recouvrait la tête.

-         « Chère Marraine, je te présente Léa qui te rapporte un de tes pouvoirs que tu avais certainement égaré. »

-         « Enchanté de te connaitre ma petite Léa, je te suis très reconnaissante de m’avoir restitué ce don qui ne me sert plus beaucoup. Il me faut être vraiment plus ordonné pour que cela ne se reproduise plus. »

Malgré son âge, peu facile à déterminer, Léa est très impressionnée par la beauté de cette femme qui lui apparait ainsi mystérieusement comme dans un rêve. Devant cette apparition intimidante, elle ne peut absolument pas dire un seul mot. La Groac’h pour lui éviter une trop grande émotion tenta de la rassurer tout à fait.

-         «Chère Léa, je te vois régulièrement te promener sur les bords de cette rivière avec ta famille. Tu es une charmante petite fille qui fera la joie et l’admiration de ses parents car tu es promise à un bel avenir. Tu me ferais très plaisir si tu voulais bien accompagner de temps à autre Paul lorsqu’il me rend visite. Nous prendrons le temps de parler tranquillement, tu me raconteras ta vie et moi je te conterai les vieilles légendes du marais et sans doute je te  livrerai des secrets malgré moi lors de nos conversations. »

Léa ne répond rien et s’éloigne de quelques pas pendant que Paul fait ses adieux à sa marraine. Elle est radieuse, un peu gênée toutefois de réaliser enfin comment elle a pu se ridiculiser avec cette baguette de pacotille qui ne la quittait pas depuis des mois.

Elle promit à Paul de l’accompagner chaque fois qu’il viendrait aux abords de cette rivière car elle était déjà très impatiente de rencontrer à nouveau la bonne fée.

Elle court maintenant rejoindre sa famille qui s’apprête à déjeuner dans l’herbe. Comme chaque fois, le repas préparé par sa maman était délicieux mais cette fois il avait un goût plus particulièrement magique.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:00

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 En Basse Bretagne, à la fin du 18eme siècle les vieux tissus

servaient à faire du papier.  Quand un vêtement était trop usé pour être porté et qu'il n'était plus possible de le rapiécer, on le mettait de côté. Le pilhaouaer était un personnage qui sillonnait les chemins de la campagne allait de village en village, de ferme en ferme pour ramasser tout ce tissu usagé. Ces "pilhou" alimentaient les moulins à papier de la région de Morlaix. C'est ainsi que les paroisses peu fortunées des hauteurs de L'Arrée se firent une spécialité du ramassage des chiffons.

A cette époque, Le pilhaouaer avaient une réputation, parfois controversée; comme le raconte la "Chanson du pilhaouaer", écrite par le curé de Loqueffret vers1860.

Ils étaient nombreux à sillonner les Monts d'Arrée, un endroit ou la terre n'est pas généreuse et a du mal à nourrir tous ses habitants. Ils partaient souvent à pieds, parfois tirant une charrette à bras, certains  possédaient un cheval. On prétendait qu'ils se nourrissaient d'un quignon de pain et dormaient dans les fossés. Ils venaient acheter ou plus exactement échanger ces déchets de linge contre des mouchoirs neufs de basse qualité, une petite cuillère, des faïences comme des bols à fleurs ou des assiettes au fond orné d’un coq, parfois une bible, ou tout autre objet sans grande valeur.

Selon l'époque, ils firent également le commerce des denrées alimentaires et des matières premières, des crins, des résidus d’os et des peaux de lapins.  

On voyait passer régulièrement ces chineurs, à mi-chemin entre les gueux et les commerçants ambulants avec leur sac sur le dos, ils inspiraient la méfiance des femmes seules et terrorisaient les enfants.

Pour s’annoncer ils criaient sur leur passage:

"Pilhoù d'ar pilhaouaer ! leizh e garr, ma'h ay d'ar gêr!"

Des chiffons pour le chiffonnier ! Plein la charrette pour qu'il rentre à la maison!

On les accusait souvent de chaparder et on les faisait passer pour  croque-mitaine, afin  effrayer les enfants peu sages. 
La plupart du temps, On ne les laissait pas rentrer dans la maison et l'échange se faisait souvent devant la porte

Pour ces familles paysannes du centre de la Bretagne,  le ramassage des chiffons procurait un revenu d'appoint.

Bientôt reconnus sur leur fief,  lorsqu'ils passaient dans un village on les invitait à manger un morceau de pain avec du lard, leur servant un verre de cidre ou de vin.

Ils parlaient beaucoup. Dans les fermes, leur passage était souvent très attendu. Les femmes trouvaient la dentelle dont elle avait besoin mais c’était aussi l’occasion de s’enquérir des derniers ragots et toutes sortes de racontars invraisemblables.

S'exprimant avec aisance en français, ils permirent de désenclaver mentalement une paysannerie repliée sur elle-même et participèrent probablement au développement de cette région laïque, traditionnellement  de gauche et avec une instruction plus vite développée que dans le Léon voisin, plus riche, mais resté plus conservateur

Le café-épicerie de Ti-Gwen à Pleyben sur la route de Brasparts, était dans la première moitié du XXème siècle un lieu de rendez-vous célèbre des pilhaouers

Ces activités de colportage perdurèrent, d'une manière marginale, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Mais on retrouvera  plus tard à  Paris ou ailleurs ces chiffonniers, biffins, chiftires, crocheteurs ou plus poétiquement pêcheurs de lune.

Ces  voyageurs infatigables  peuplent aussi de nombreux contes ou légendes de cette région des monts d’Arrhées. 

 

Voici la légende de Gudwal qui me fut rapportée par un vieux joueur de bombarde qui ne refusait jamais de prendre le temps pour conter une histoire en partageant un verre de chouchen.

Gudwal  originaire de Brennelis, était le troisième fils de la maison, mais la petite ferme familiale ne pouvait subvenir aux besoins de toute la famille, il du partir louer ses bras dans d’autres fermes du centre Bretagne. Il était beau parleur, agréable de sa personne et doué d’une certaine malice qui faisait briller son regard. Il lui fut facile de se convertir rapidement dans le petit commerce  des vieux chiffons.

Il ne tarda pas à se tailler une belle réputation dans toutes les fermes de son petit territoire. Arrivé dans un hameau, il avait toujours un petit compliment à la bouche pour les dames et savait user de son charme pour amadouer les plus réservées.

Les hommes restaient méfiants en le voyant arriver mais, toujours prêt à rendre service, il parvenait également à devenir très populaire auprès des maris. Il passait les messages concernant les prochains travaux des champs ou les veillées et transmettait des nouvelles aux familles.

 

Dans certaines fermes, l’approche restait difficile, le chien du lieu aboyait avant même de se faire reconnaitre et  on gardait une grande méfiance vis-à-vis des colporteurs.

C’était le cas par exemple au Hameau de Kergrenn , où la première fois, il avait du s’enfuir à toutes jambes pour ne pas être mordu. Anne et son mari y vivait reclus et peu de visiteurs s’aventuraient dans ces parages.

Gudwal croisa Anne pour la première fois lorsque celle-ci revenait de la rivière où elle faisait sa lessive dans un trou d’eau. Par politesse elle avait répondu à son bonjour mais n’avait plus osé relever la tête.  Les fois suivantes, tout en restant muette, Anne osa un sourire qui encouragea le pilhaouaer à repasser par là plus souvent.

La beauté et le charme secret de la belle avait mis le cœur de Gudwal en émoi, elle, ne semblait pas non plus complètement indifférente.

Les rendez vous des deux jeunes gens étaient de plus en plus fréquents. Un jour le mari d’Anne failli même les surprendre dans les bras l’un de l’autre. Le jaloux était coléreux et violent.

Les conversations étaient devenues régulières. Anne ne tarda pas à se plaindre de son vieil époux, toujours plus exigent à propos des travaux de la ferme et la tenue de sa maison. Elle ne lui connaissait que de rares moments de douceur lorsqu’assis devant la cheminée, il caressait son chien. Il s’emporta facilement, se montrait  mesquin et n’avait aucun respect pour sa compagne.

 Depuis son mariage, elle était également délaissée par sa famille trop contente de s’être délivré d’une de leurs trois filles sans débourser la moindre dote.

Le temps passait sans que l’avenir des deux amoureux s’éclaircisse.

 Pourtant un matin, le mari,  parti la veille au soir boire plus que de raison au bourg voisin, n’était toujours pas rentré à la maison. Anne,  ranima le feu de bois,  prit soin des bêtes et fini par chercher son vieil époux dans les environs.  La même mésaventure était déjà survenue et c’est endormi dans un fossé qu’elle l’avait enfin retrouvé. Cette fois, ses recherches restèrent vaines et à la fin du jour, l’homme n’était toujours pas là malgré l’aide du chien qui ne cessait de tourner en rond dans la maison en grognant. Ce n’est qu’au petit matin en allant chercher de l’aide au hameau voisin qu’elle le découvrit inanimé sur le bord d’un trou d’eau boueuse.

Se servant de la brouette, Anne réussit à transporter son mari, jusque dans leur foyer, le mit au sec et au propre en le frictionnant de son mieux pour le ranimer.

Elle fit appeler le recteur qui ne pu constater l’état critique de l’ivrogne qui respirait à grand peine. Il félicita Anne de ses soins et de son dévouement et la pria  d’attendre l’Ankou qui ne manquerait pas de passer la nuit prochaine, vu l’état du moribond.

Par ses intersignes, tout le monde ici connaissait l’Ankou,  sans jamais l’avoir vu mais reconnaissable aux grincements des essieux de sa charrette lorsqu’il venait chercher son du. Sous les traits du dernier défunt de l’année précédente cette personnification de la mort représentait pour les Bretons, le cycle de la vie.  

 Trois jours passèrent sans que le mari ne soit emporté vers son trépas. Anne qui jusque là avait refusé la visite de Gudwal, fini par l’appeler à l’aide.

« Toi qui connaît ce pays et tous ses chemins creux, part au devant de l’Ankou qui très certainement n’a pas trouvé la maison. »

Gudwal, soucieux de soulager sa belle, partit dans la campagne pour trouver le chariot de la mort.  Pas très rassuré, il parcourut la campagne en tous sens.

Dans la nuit, alors que tout était silence, il ressenti derrière lui un souffle froid. En se retournant, l’Ankou était bien là face à lui, couvert de sa cape noire, de son large chapeau, tenant fermement dans sa main droite sa longue faux dont la lame était inversée.       

-         « Tu me cherches donc, Gudwal, aurais tu quelques impatience à faire le voyage avec moi ? »

-         « Il n’en est rien, c’est Anne qui m’envoie vers vous pour mener son mari dont l’heure est arrivée. »

-         « Dis lui que je la viendrai devant sa maison au douzième coup de minuit. Il me faut lui parler.»

Anne fut soulager de savoir que l’Ankou passerait bientôt mais un peu inquiète de savoir ce  qu’il voulait s’adresser à elle.

Le soir venu, le bruyant attelage était bien là.  Elle apprit ainsi de la bouche de la mort elle-même, qu’un trésor existait, enterré  sur le pas de sa porte. Beaucoup d’or mais aussi des émeraudes et des rubis, qui pourraient faire d’elle une princesse si elle acceptait de redonner vie à son mari pour partager avec lui une existence oisive et luxueuse. Au lieu de cela, elle continuerait sa dure vie de labeur dans son pauvre logis.

Elle avait amèrement souffert de ce mariage arrangé par ses parents, elle refusa tout net toutes ces merveilles. Il n’était pas question de vivre sous le même toit avec cette brute qui ne lui avait jamais témoigné la moindre tendresse.

Aussitôt dit, le cortège repartit avec le pauvre corps de son époux qui venait d’expirer, le trésor enfoui se transformant instantanément en poussière.

Dans un délai qui scié aux bonnes mœurs de cette époque, elle accepta de rencontrer  Gudwal au bord de la rivière. Celui -ci lui proposa de fonder une famille sur une terre de Brennelis qu’il avait acquit avec les économies réalisées grâce à son petit commerce durant ces dernières années.

Assurément les vieux chiffons constituent un trésor plus propice que l’or et les pierreries pour trouver l’amour ici bas.  Je ne vous dirai rien de plus sur ce bonheur mais sachez que l’Ankou ne les revit pas avant une éternité.

 

ankou[1] 

 

 

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 08:16

 

07[1] 

 

Que deviennent les vieux bateaux de pêche… Légende des mers

 

 

Au fond des rias, des rades ou des abers, on trouve, couchées sur la grève, des carcasses de bateaux, le plus souvent en bois,  échoués là pour poursuivre une vie fantomatique et mystérieuse.  Ces vestiges  témoignent de façon émouvante des rudes efforts des marins qui ont servis à leur bord.

Les vieux marins se souviennent aussi que dans ces cimetières de bateaux, la mer vient reprendre à chaque marée haute les restes dégradés de ces bateaux chargés de leur histoire.

Un jour, l’un d’eux m’a conté une histoire qu’il tenait de son oncle, marin thonier à  Groix.  

En montant  faire la marée,  les marins ont embarqué, en pleine nuit, à bord de l’Avel Mor, pour rejoindre les bancs de pêche. L’Avel Mor, qui signifie « le vent de mer » en français, naviguait bon train au clair de lune sur une mer apaisée.  

Les pêcheurs  appréciaient cet éclairage qui rend leur route plus facile. Ils  étaient tous redevables à cet astre qui prenait soin d’eux dans l’obscurité alors que le soleil n’était présent que le jour et encore lorsqu’il ne se cachait pas derrière de gros nuages noirs.

Mathurin était le maître à bord et tout l’équipage,  qui se connaissait de longue date, lui faisait totalement confiance aussi bien pour sa navigation  assurée que pour sa capacité à  dénicher le poisson.  Un seul reproche aurait pu lui être fait dans ce coin de la côte du sud Bretagne, c’est qu’il n’était pas très assidu à la messe : si ce n’était pour rassurer les femmes, il ne participerait pas au pardon marin chaque année.  Mais,  personne ne se serait permis de lui en faire le reproche. 

On ne s’étonnait pas non plus de ces moments de solitude où, plongé dans ses réflexions,  se tenant à la proue du navire, il marmonnait des phrases incompréhensibles, un peu comme s’il s’adressait directement aux éléments.

  On ne lui connaissait pas non plus de penchant particulier pour la piquette  ou le rhum contrairement à certains de ces jeunes matelots.  En mer, c’est lui qui conservait la seule bouteille de gnôle qu’il versait  dans les quarts en fer blanc, après les gros coups de mer ou pour fêter une bonne marée.

Cette fois encore, il se plaça à l’avant du bateau comme pour communier avec la mer, solliciter sa clémence et sa générosité, mais  ce soir-là, face au reflet de lune qui rendait la surface brillante comme un miroir, c’est avec plus de véhémence encore qu’il s’adressait aux flots. Inquiet de découvrir le patron dans un tel état, le mousse alla prévenir un matelot,  son cousin, qui l’avait pris sous sa protection pour son embarquement.  Alors que les palabres s’éternisaient et que  le patron paraissait s’agiter de plus en plus, il lui dit de regagner son poste et de garder toute sa confiance dans son capitaine.

Il ne pouvait  rapporter à l’équipage la demande qui venait de lui être faite. Elle était assez inattendue et le rendait soucieux. Il n’en dit rien à personne et retrouva sa place à la barre ; il fallait sans perdre de temps, faire préparer la palangre avec les appâts faits de petites sardines, de crevettes ou de crabes.

Cette pêche ne fut pas très fructueuse, même si les conditions de mer étaient idéales. Sur la route du retour, l’inquiétude ne quittait plus le visage de Mathurin  aux traits déjà creusés par la fatigue.

Dès le retour à quai, contrairement à son habitude,  il quitta le bord sans s’assurer par lui-même du déchargement des cales. A peine pied à terre, il se dirigea vivement vers le bistrot, comme s’il avait un rendez-vous important.

Par respect et politesse il salua un à un tous les matelots déjà accoudés au bar pour se rincer le gosier du sel qui grattait leur gorge.  Un mot gentil pour chacun, puis il trouva une place au bout du zinc et commanda un verre de vin blanc.

A peine, le patron du bar l’avait-il servi, qu’il le prit par la manche pour l’attirer à lui afin de ne pas avoir à parler trop haut.  Tendant l’oreille, le tenancier prit aussitôt un air surpris et sur un ton réservé posa en retour quelques questions. La salle avait retrouvé son animation habituelle et plus personne ne s’occupait de cette conversation qui aurait pu paraître mystérieuse.

Il y avait toujours la table des joueurs de belote très animée  et une autre plus calme avec les  anciens,  adeptes des dominos, autour un ou deux incorrigibles bavards rabâchant sans cesse leurs souvenirs de mer déjà connus de tous. Ici on a l’habitude de dire d’eux qu’ils ont du vent dans leurs sacs, car leurs propos sont souvent sans intérêt.

Mathurin sortit pour rejoindre son équipage, promettant de repasser plus tard pour reprendre cette discussion qui semblait d’importance.

Ce secret, m’a été révélé par ce vieux marin, visiblement encore très touché par le récit que son oncle lui avait rapporté  il y a très longtemps.

Mathurin, en venant au bistrot, s’était souvenu que le patron conservait toujours des pièces de marine retrouvées sur le bord de l’eau. Toute une collection de vieux flotteurs,  œillets d’amarres usées,  de perches de marquage à casiers et de nombreuses pièces d’accastillage rouillées.  Une patte un peu folle lui avait interdit d’embarquer pour la pêche comme tous ses camarades d’école, il en gardait une grande nostalgie ainsi qu’une passion de ces choses de marine.

Mathurin avait parlé plus précisément d’un gros clou de charpente dont le patron était particulièrement fier.

La fée Morgane qui s’était adressée à lui dans le rayon de lune avait été très claire dans sa demande, il s’agissait sans erreur possible de ce gros clou rouillé qui manquait. Elle lui rappela une vieille légende qu’il avait entendu racontée par les anciens,  mais qu’il n’avait pas vraiment prise au sérieux.

Les épaves alanguies sur les grèves, submergées en partie par le jusant sont petit à petit récupérées par les flots. Au fond des mers, tous leurs éléments sont patiemment recueillis par le peuple des Morgans, créatures mystérieuses des profondeurs, chargés de reconstruire chaque embarcation dans son intégralité  avant d’être confié à un équipage fantomatique formé par les naufragés de l’année. Ce dernier voyage permettait de rassembler les âmes de ces pauvres bougres perdus en mer et à jamais arrachés à leur famille, pour trouver enfin un repos éternel.  Mais pour être assuré  de rejoindre  ce paradis bien mérité, il était indispensable de réunir, sans exception, tous les composants de ces vieux bateaux.

Ce clou de charpente marine manquait à l’appel, la fée morgane avait fait sa prière d’intercession auprès de Mathurin pour qu’il l’aide à terminer cette tâche importante. La rencontre avec ces êtres petits comme des lutins, beaux comme des anges, n’étant pas sans danger, le vieux marin en avait été bouleversé, et,  sans attendre de contrepartie, avait promis d’honorer la requête.

Le soir même, en arrivant dans le café, Mathurin s’aperçut que le patron lui avait bien préparé un joli paquet bien ficelé dans un papier journal. Il lui remit discrètement mais avec une certaine solennité dans le regard et une certaine émotion d’avoir malgré lui offensé le monde marin en ramassant innocemment ce vieux clou.

Lors de la marée suivante, dans un même halo de lune se reflétant à sur la surface de l’océan, Mathurin  avait rendez-vous important avec la bonne fée pour restituer  à l’océan cette petite pièce de métal rouillé.

L’équipage cette fois encore, n’avait pas compris son manège, mais il restait soucieux de l’humeur de leur capitaine depuis la sortie précédente.

Quelques instants plus tard, tous à bord constatèrent avec satisfaction qu’il avait retrouvé sa jovialité et son énergie. 

La marée ce jour-là fut abondante et les conditions de mer moins pénibles. Un large sourire sur le visage de Mathurin marquait la joie du devoir accompli vis-à-vis des anciens compagnons perdus en mer qui trouveraient ainsi un repos bien mérité. 

Je ne vois plus ces vieilles carcasses en décomposition de la même façon, mais je prends toujours beaucoup de plaisir à photographier leurs courbes élégantes.  Je regarde ces bateaux valeureux qui ont accompagné les hommes dans leurs efforts  et qui attendent patiemment une renaissance.  Grâce aux assauts des vagues et à la magie de la mer, ils mèneront encore, une dernière fois,  un équipage à bon port.   

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